Spiritualité de Sainte Faustine

( Extrait du bulletin de Mars 2015)

Dans notre vocation de Serviteurs de la Miséricorde, nous sommes attentifs à méditer la Parole de Dieu qui nous parle de la miséricorde et à contempler Jésus miséricordieux dans son ministère public mais plus encore dans sa passion, sa mort et sa résurrection. En ce temps de Carême, prenons le temps de méditer la passion avec sainte Faustine, elle qui a eu tant de visions du Christ souffrant sa passion.

Jésus lui-même lui a demandé à de nombreuses reprises de méditer sa douloureuse passion : « C’est lorsque tu médites ma douloureuse passion que tu me plais le plus. » (1512) ; « C’est une heure de grande miséricorde, à cette heure je ne saurais rien refuser à celui qui me prie par ma passion. » (1320) ; « Je désire que tu connaisses plus profondément l’amour dont brûle mon Cœur pour les âmes et tu le comprendras en méditant ma passion. » (186)

Par la méditation de la Passion, Jésus accorde une multitude grâces. A travers l’expérience de sainte Faustine, nous pouvons retenir plusieurs fruits de cette méditation.

  • Méditer la passion nous fait comprendre de quel amour nous sommes aimés. Jésus confie à sainte Faustine  « Pour toi, je suis descendu du ciel sur la terre, pour toi, je me suis cloué sur la croix, pour toi j’ai permis que mon Cœur soit percé d’un coup de lance. »
  • La méditation de la passion souligne l’horreur du péché : « Lorsque je vois Jésus supplicié, mon cœur se déchire en lambeaux, je me demande : qu’adviendra-t-il des pécheurs s’ils ne profitent pas de la passion de Jésus. Je vois dans sa passion tout un océan de miséricorde. » (948)

Elle suscite alors le repentir dans notre cœur pour nos péchés, nous prépare à la confession, nous aide à nous convertir  et nous fortifie dans le combat.

  • Elle nous permet de pénétrer les sentiments du Cœur de Jésus pour les pécheurs et à intercéder pour la conversion des âmes « La perte de chaque âme me plonge en une mortelle tristesse. Tu me consoles toujours lorsque tu pries pour les pécheurs. » (1397)
  • Elle nous donne un cœur de compassion pour Jésus crucifié et cloué entre ciel et terre qui ouvre à tous son royaume d’amour, et elle nous donne un cœur de plus en plus grand pour les pécheurs. En conséquence, elle nous entraîne à annoncer la miséricorde et à évangéliser.
  • La méditation de la passion fait comprendre la toute puissance de la miséricorde « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. » (Jn 3, 16)
  • Elle est un modèle pour se conduire au milieu des souffrances « Ce matin, au cours de la sainte messe, j’ai vu un instant le Sauveur en train de souffrir. Ce qui m’a frappée, c’est que Jésus restait si calme au milieu de grandes souffrances. J’ai compris que c’’était là une leçon pour moi, destinée à me montrer comment je dois me conduire extérieurement au milieu de diverses souffrances. » (1467)
  • Elle apprend à aimer ceux qui nous font souffrir, à prier pour eux et à souhaiter leur bien : «Pendant la sainte messe, j’ai aperçu Jésus étendu sur la croix. Il m’a dit : Mon élève, aie un grand amour pour ceux qui te font souffrir, fais du bien à ceux qui te haïssent. J’ai répondu : Ô mon Maître, tu vois bien que je n’ai pas de sentiment d’amour pour eux, et cela me peine. Jésus m’a répondu : le sentiment n’est pas toujours en ton pouvoir ; tu reconnaîtras que tu as de l’amour lorsqu’après avoir éprouvé des contrariétés et des contradictions, tu ne perds pas ton calme, mais tu pries pour ceux qui t’ont fait souffrir, et tu souhaites leur bien. »(1628) ou encore : « Lorsqu’il te semble que la souffrance dépasse tes forces, regarde mes plaies et tu t’élèveras alors au-dessus du mépris et des jugements humains. Méditer ma passion t’aidera à t’élever au-dessus de tout. » (1184)
  • La méditation de la passion nous incite à unir nos souffrances à celles du Christ pour la conversion des pécheurs « Joins tes petites souffrances à ma douloureuse passion, afin qu’elles prennent une valeur infinie devant ma majesté » (1512)
  • Elle nous apprend à accueillir la volonté de Dieu et à l’accomplir au cœur même des souffrances et des difficultés de la vie « Ô Jésus, écartelé sur la croix, je t’en supplie, accorde-moi la grâce d’accomplir fidèlement la très sainte volonté de ton Père, toujours, partout et en tout. Et lorsque cette volonté de Dieu me semblera bien dure et difficile à accomplir, c’est alors que je te supplie Jésus que de tes plaies coulent en moi force et puissance et que mes lèvres répètent : que ta volonté soit faite, Seigneur… » (1265)

« O Jésus, Maître, j’unis mes désirs aux désirs que tu as eus sur la croix : je désire accomplir ta sainte volonté ; je désire la conversion des âmes ; je désire que ta miséricorde soit glorifiée… » (1581)

  • La méditation de la passion fait descendre sur nos âmes de nombreuses lumières et de très grandes grâces (cf. 737) notamment celle de l’humilité.
  • Elle est agréable à Jésus, le console et le soulage au cœur même de ses tourments.

Recevons de sainte Faustine la conclusion : « Je vois dans sa passion tout un océan de miséricorde. » (948)

De Jean Paul II (DM 7) « Croire dans le Fils crucifié signifie croire que l’amour est présent dans le monde, et que cet amour est plus puissant que les maux de toutes sortes dans lesquels l’homme, l’humanité et le monde sont plongés. Croire en un tel amour signifie croire dans la miséricorde. Celle-ci en effet, est la dimension indispensable de l’amour ; elle est comme son deuxième nom. »